HISTOIRE

Béla KöpecziDans un désir de promouvoir la richesse de la vie culturelle hongroise en France et de bâtir un pont solide entre les deux cultures, au début de l’année 1927 est créé l’Institut hongrois de Paris. Il sert de relais pour les échanges culturels franco-hongrois, transmettant les ondes de la culture magyare en France et vice versa.

Sur le plan culturel, la création d’un Institut hongrois à Paris, calqué sur ce qui existe déjà à Vienne, Berlin, Rome ou Zurich, est l’événement majeur d’un rapprochement franco-hongrois qui débute à la fin des années 1920 avant de s’éroder dans le milieu des années 1930.

Les préparatifs étaient dirigés par Zoltán Magyary, chef de département universitaire du Ministère de la Culture et de l’Enseignement. L’un prévoyait que la Hongrie se joindrait á la création de la Cité universitaire en construction depuis 1923. Cette solution aurait été chaleureusement accueillie par le gouvernement français tout comme par André Honnorat, ministre de la Culture et fondateur de la Cité. Selon les statuts en vigueur à l'époque, la Maison hongroise n’aurait pu être qu’un foyer d’étudiants sans fonctions de recherche ni d’enseignement, ce qui freinait sa construction. Autre obstacle : les Etats faisant construire des pavillons dans la Cité n’en recevaient que l’usufruit perpétuel, l'Université de Paris restant propriétaire des bâtiments. Bien que Kúnó Klebelsberg fût davantage séduit par cette dernière possibilité, il n’opta finalement pour aucune des deux et fonda, en 1928, un Bureau franco-hongrois de Renseignements universitaires. A l'automne, Le Bureau débute ses activités dans deux locaux d’un petit hôtel (Hôtel du Cèdre) du le Quartier Latin, rue Lacepède. L’un servait de bureau à Lipót Müller, à la fois directeur et unique employé du Bureau, tandis que l’autre abritait une petite bibliothèque et constituait à la fois l’antichambre, la salle d’étude et la salle de travail des boursiers hongrois.

Ce petit centre, de deux pièces, fait tout pour assurer aux chercheurs hongrois l’accès à la pensée, à la culture et aux sciences françaises, en facilitant leur contact avec les intellectuels du pays. En suivant attentivement les événements de la vie intellectuelle française et en informant les savants hongrois, le Bureau est devenu l'épicentre des études hongroises en France : il soutient et coordonne les travaux poursuivis dans le domaine des langues, de la littérature et de l'histoire de la Hongrie et s'efforce de diffuser efficacement les résultats de ces recherches.

Ce Bureau franco-hongrois de Renseignements universitaires fut d’abord considéré comme une institution éphémère, comme un « fœtus » du futur Collegium Hungaricum ou de la future Maison hongroise. En 1928 cette idée se confirme puisque l’année suivante, la Fondation nationale de la Cité universitaire comprend qu’elle ne pourra compter sur une participation active des pays étrangers désireux de fonder une Maison qu’à la condition de leur céder le droit de propriété.

Ces changement bénéfiques allaient dans le sens de la fondation du futur Collegium Hungaricum au coeur de la Cité et non dans le Quartier Latin. Lipót Müller et les personnes déléguées par Klebelsberg, qui étudièrent au printemps 1929 les projets architecturaux et fonctionnels de la Cité, furent unanimes. Parallèlement, au cours de l’été 1929, les premiers ministres des deux Etats, Raymond Poincaré et Bethlen tombaient également d’accord sur le projet. A l’automne 1929, l’Assemblée nationale accorda un budget d’un million deux cents mille pengő pour la fondation d’un Institut hongrois à Paris.


Kuno KlebelsbergSi Klebeslberg avait immédiatement demandé l’achat du terrain et lancé les travaux, nul doute qu’aujourd’hui, l’Institut hongrois de la rue Bonaparte se trouverait dans la Cité universitaire, offrant un foyer et une salle de travail aux étudiants et chercheurs hongrois. Mais les choses prirent une autre tournure sous l’effet cumulé d’un manque de diligence et de la crise économique de 1929, qui engendra de grands bouleversements en Hongrie. Pour diminuer le déficit

budgétaire, deux solutions étaient envisageables : d’une part majorer les impôts et d’autre part opérer des coupes dans le budget prévu initialement. Le cabinet de Bethlen recourut aux deux, et l’Institut hongrois à Paris fut, entre autres, sacrifié. Pour autant, le projet en lui-même ne fut pas définitivement abandonné, mais la chute de Bethlen (1931), la mort de Klebelsberg (1932), et la dépression économique qui allait se prolonger jusqu’au milieu des années 30, expliquent qu’on ne réussit jamais à trouver les fonds nécessaires à sa mise en place.

Jusqu’à l'automne 1931, le Bureau était installé dans deux pièces au rez-de-chaussée de l’Hôtel du Cèdre. Ensuite et jusqu’en 1934, il fut déplacé au 5ème étage d’un immeuble locatif de la rue Geoffroy-St-Hilaire. Loin de s’améliorer, les conditions de travail devinrent de plus en plus précaires et ses locaux demeuraient exigus : deux pièces, pour une surface totale de seulement 40 m2. Autre conséquence de la crise économique, le budget de l’Institut fut également diminué.

Une fois que la conjoncture économique permît à l'Etat de recouvrir un certain équilibre budgétaire, la situation du Bureau connut une légère amélioration. En 1934, il put emménager dans un immeuble locatif au nº13 de la Place du Panthéon, où il disposait de 5 pièces d’une surface totale de 135 m2. Outre le bureau du directeur, il fut amménagé une salle de conférence, une bibliothèque, une salle où entreposer les journaux et périodiques et des archives.

Avant son déménagement en 1933, l’institution fut officiellement rebaptisée Centre d’Etudes Hongroises en France. Comme auparavant, l'une des principales tâches du Centre était d'apporter une aide aux boursiers hongrois, tant par l’organisation de cours de français, que par les services de la bibliothèque.

La situation change à partir des années soixante, principalement grâce à la signature en 1966 d’un accord culturel et d’un accord de coopération scientifique et technique, qui définissent les cadres d’une coopération large et systématique.

En 1985, sur la base d’un accord entre les Ministères français et hongrois de l’Éducation, ces efforts communs ont mené à la fondation du Centre Interuniversitaire d’Études Hongroises (CIEH) à l’Université de Paris III.

Le principal tournant dans les relations franco-hongroises a ieu au début des années 80 quand l’Etat hongrois (grâce a Béla Köpeczi) fait l’acquisition d’un immeuble du Veme arrondissement de Paris, proche du Jardin du Luxembourg, pour y installer l’Institut hongrois et lui assurer ainsi, la meilleure exposition possible.

L’Institut Hongrois installé depuis début 1986 dans le bâtiment de la rue Bonaparte au cour du Paris historique. C’est une maison bourgeoise de six étages, construite à la fin de XVIIIe siècle, se situant dans l’un des quartiers les plus fréquentés et les plus culturels de la ville de Paris.

Bibliographie

Aurélien Sauvageot : Découverte de la Hongrie
Béla Köpeczi : Allocution de clôture
Béla Köpeczi : Culture française, culture hongroise au XXe siècle
Sándor Csernus : Párizsi Magyar Intézet
Georges Diener : Histoire des relations culturelles franco-hongroises
György Hazai : Le rôle du livre scientifique dans les relations culturelles franco-hongroises
Ignác Romsics : Les relations culturelles franco-hongroises et l’Institut hongrois de Paris entre les deux guerres

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Pour la cinquième fois, l’Institut hongrois lance un concours de traduction littéraire ouvert à tous !
La traduction d'un extrait du roman
A dögeltakarító
de Zoltán Danyi est
à envoyer jusqu'au 10 décembre.

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Nov 17. « Dúdoló »
Institut Hongrois | 92, rue Bonaparte 75006 Paris
Déc 05. Fête de Saint Nicolas
Institut hongrois | 92, rue Bonaparte 75006 Paris

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2018 Nov 18. - "Les heures musicales de Saint-Roch"