Bestiaire poétique illustré 2

La présence des animaux semble avoir des bienfaits sur notre santé physique et mentale, ce qui n’est pas chose négligeable en ces temps difficiles où nous sommes plus que jamais coupés de la nature. Faute de pouvoir inviter des chiens et des chats en chair et en os, ou pourquoi pas des dragons, à votre domicile, nous avons décidé de vous faire découvrir leurs versions poétiques et picturales. Elles ne provoquent pas d’allergies, n’endommagent pas les meubles avec leurs griffes ou en crachant du feu, mais attirent gentiment votre attention sur leurs créateurs, des poètes et des illustrateurs hongrois de talent. 

« Mais ciel ! cette fois-ci, l’affreuse sentinelle !

C’est à sentir en soi tout son sang se figer !

Un énorme dragon se tient devant la porte,

Grande ouverte une gueule où passeraient six bœufs.

 

Jean sait bien se tenir quand il faut en découdre,

mais il n’en a pas moins l’esprit fertile en tours.

Il n’a que faire ici de son sabre, il le voit.

Or il lui faut entrer. Il cherche une autre voie.

 

Voici que le dragon ouvre sa gueule immense

pour ne faire qu’une bouchée de Jean le Preux.

Que fait notre héros dans cette conjoncture ?

Il saute brusquement dans le gosier du monstre. 

 

Une fois dans la bête il en cherche le cœur

et y plonge en entier la lame de son sabre.

Le dragon sur-le-champ s’affaisse de son long ;

mais il en a plus que son compte : il rend l’esprit.

 

S’il en vit, notre ami, de toutes les couleurs,

en voulant faire un trou dans les flancs du dragon !

Il y parvient enfin. Il se glisse dehors,

ouvrit la porte, et vit le beau pays des fées. »

 

Le Jean le Preux d’Alexandre Petoefi, traduit par Guy Turbet-Delof

(Presses Universitaires de France, 1954)

 

Illustration de László Herbszt

(Parue dans le livre A legényfa kivirágzik d’Áron Tamási, Móra Kiadó, 2015)


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